5 causes expliquant la recrudescence du burnout

Publié le: 12 avril 2017

Aujourd'hui, le stress est à l'origine de plus d'un tiers des jours d'absence pour maladie. Le coût pour l'employeur ? Le coût de l'absenthéisme s'élève jusqu'à €20.000.

Ces chiffres relatifs au burnout et aux autres affections liées au stress augmentent chaque année. Mais comment expliquer cette recrudescence ? Après tout, les conditions de travail d'il y a 10 à 20 ans ne différaient pas fondamentalement de la situation actuelle. À l'époque, le travailleur était confronté également aux embouteillages, à des situations souvent stressantes au travail, etc.

Michael Portzky est neuropsychologue et auteur de presque tous les questionnaires (en néerlandais) sur la résilience mentale. Nous lui avons demandé où le bât blesse précisément et pourquoi le problème s'est aggravé sensiblement au cours de ces 10 dernières années.

« Malheureusement, l'on ne peut pas pointer un changement en particulier. » À ses yeux. « Notre société a connu d'innombrables changements au cours de la dernière décennie. Il s'agit chaque fois de petites pièces de puzzle qui, ensemble, transforment la situation actuelle presque de manière imperceptible. » Nous en esquissons en tout cas 5 dans ce post de blog, avec l'aide de Michael Portzky :

1 : L'INCIDENCE DES « NOT SO » SMARTPHONES...

Le changement le plus sensible se déroule dans le domaine numérique. Pensez aux smartphones, ou plutôt aux « NOT SO » smartphones, comme Michael Portzky les appelle. Toute notre vie est gorgée d'appareils « not so smart ». Ils ont été conçus pourtant pour faciliter notre vie. Grâce à eux, nous sommes joignables et connectés partout.Mais les enquêtes ont montré que les personnes qui ont reçu un smartphone à usage professionnel voient leur semaine de travail s'allonger de 7 heures. Et même lorsque ce smartphone est à usage exclusivement privé, c'est un cadeau empoisonné. Tout se passe comme si notre bouton « on-off » avait disparu. C'est le prix à payer pour être connecté en permanence. Mais notre cerveau n'a pas été formaté pour cela. Et la disparition de ce bouton « on-off » a des conséquences très concrètes. Le smartphone, et non pas le visage de notre moitié, est souvent la dernière chose que nous voyons avant d'éteindre notre lampe de chevet. Mais la lumière bleue, beaucoup trop voyante de nos petits appareils adorés, n'en perturbe pas moins notre sommeil.

2 : ET DES « NOT SO » SMART DRINKS

Il est évident que les embouteillages toujours plus longs n'arrangent pas la situation. C'est vrai que les embarras de circulation ne datent pas d'hier. Mais il est incontestable que nous passons plus de temps dans les encombrements routiers qu'il y a 10 ans. Et personne ne peut nier que ces embouteillages constituent un facteur de stress non négligeable. Le calcul est vite fait. Si les embouteillages engendraient déjà du stress il y a 10 ans, leur multiplication actuelle accroît tout simplement son intensité. En clair, plus d'embouteillages signifie plus de stress.
Et jadis, nous avions tendance à pousser ensuite sur la pédale de l'accélérateur pour rattraper le temps perdu dans les embarras de circulation. Aujourd'hui, nous nous y risquons moins, parce que les probabilités d'être verbalisé ont augmenté. Encore un facteur d'aggravation du stress. Parce que, de deux choses l'une : soit, nous nous « retenons », soit nous nous angoissons à l'idée de devoir payer une lourde amende pour vitesse excessive.
Les enquêtes le montrent d'ailleurs très clairement : les travailleurs sont toujours plus nombreux à envisager de déménager uniquement en raison des embouteillages.


3 : PLUS LONGTEMPS EN VOITURE

Il est évident que les embouteillages toujours plus longs n'arrangent pas la situation. C'est vrai que les embarras de circulation ne datent pas d'hier. Mais il est incontestable que nous passons plus de temps dans les encombrements routiers qu'il y a 10 ans. Et personne ne peut nier que ces embouteillages constituent un facteur de stress non négligeable. Le calcul est vite fait. Si les embouteillages engendraient déjà du stress il y a 10 ans, leur multiplication actuelle accroît tout simplement son intensité. En clair, plus d'embouteillages signifie plus de stress.
Et jadis, nous avions tendance à pousser ensuite sur la pédale de l'accélérateur pour rattraper le temps perdu dans les embarras de circulation. Aujourd'hui, nous nous y risquons moins, parce que les probabilités d'être verbalisé ont augmenté. Encore un facteur d'aggravation du stress. Parce que, de deux choses l'une : soit, nous nous « retenons », soit nous nous angoissons à l'idée de devoir payer une lourde amende pour vitesse excessive.
Les enquêtes le montrent d'ailleurs très clairement : les travailleurs sont toujours plus nombreux à envisager de déménager uniquement en raison des embouteillages.

4. ET TRAVAILLER PLUS LONGTEMPS

Et puis, il faut encore citer le relèvement de l'âge de la pension. Certes, pour bon nombre d'entre nous, l'heure de la retraite est très loin d'avoir sonné. Il n'empêche : la nouvelle donne a une incidence mentale. Plus ou moins consciemment. Le coup au moral est indéniable : on vient de passer 3 heures dans sa voiture, coincé dans les embouteillages de notre réseau routier belge après une longue et dure journée au bureau. Et puis, on s'installe confortablement chez soi pour « un peu de se détendre » en regardant les actualités. Qui vous apprennent joyeusement que vous devrez encore travailler quelques années de plus. Pour les personnes dont la pension approche à grands pas, cette annonce constitue certainement un coup au moral et donc à nouveau... un effet stressant.
Des remboursements qui augmentent plus vite que les rémunérations
Mais, d'un autre côté, nous sommes conscients également que travailler plus longtemps est une nécessité. Nos charges galopantes, surtout immobilières, nous y contraignent. Beaucoup n'auront fini de payer leur maison qu'à 60 ans. Une échéance qui exclut de prendre sa pension à 58 ans.
Les prix sur le marché immobilier ont flambé ces dernières années. Si la surévaluation du marché immobilier s'est atténuée ces derniers temps, nos logements sont toujours 6 % « trop chers », selon la Banque nationale. Surtout que les salaires n'ont pas progressé dans les mêmes proportions au cours de la période. La hauteur des remboursements fait donc d'autant plus mal aux emprunteurs. En clair, les groupes d'âge en début de la trentaine et les 20-30 ans qui se trouvent aujourd'hui sur le marché du travail fonctionnent dans une tout autre optique économique. Ils subissent une pression financière nettement plus forte. Ils ont donc tendance à privilégier un emploi où ils gagnent bien leur vie, au détriment d'un job qui leur plairait davantage ou d'un lieu de travail plus proche de chez eux...

5. LES LIMITES DE L'ÉVENTAIL DES TÂCHES S'ESTOMPENT

Si vous comparez la photo d'un département marketing d'il y a 20 ans à celle d'un même département aujourd'hui, une chose vous frappe d'emblée. L'actuel compte nettement moins de collaborateurs. Dans les années 1990, un département marketing était subdivisé selon une répartition des tâches bien délimitée. Il y avait un responsable des relations publiques, une personne pour le sponsoring, une autre pour la rédaction des textes, etc. Aujourd'hui, un marketeur doit pouvoir rédiger du contenu, tant pour le site web que pour les brochures, mais aussi pour les réseaux sociaux et la presse écrite, gérer lui-même les sponsors, etc. En fait, être à l'aise sur tous les marchés. Certains y puisent une motivation supplémentaire. Mais si vous êtes animé d'un esprit perfectionniste, cette dispersion peut avoir une incidence très néfaste sur votre bien-être mental. Un perfectionniste brille dans un cadre où il s'investit à fond dans des tâches bien balisées. Mais fournir un travail parfait dans TOUS les domaines est impossible.

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