Comment fidéliser ses talents dans un contexte de forte concurrence ?

Helena Delaleux

Publié le: 29 décembre 2025

Dans un marché de l’emploi tendu, marqué par la pénurie de compétences et une mobilité accrue des profils qualifiés, la fidélisation des talents est devenue un enjeu stratégique majeur. Selon le Work Institute, plus de 40 % des départs volontaires sont évitables lorsque les entreprises agissent sur les bons leviers (Work Institute, Retention Report 2024).

Mais quels sont ces leviers et surtout, comment les activer concrètement ?

1. Comprendre les causes réelles du turnover

Contrairement à une idée reçue, le salaire n’est pas la première cause de départ. Le Work Institute (2024) montre que les trois principales raisons de départ volontaire sont :

  • le manque d’opportunités de développement de carrière,
  • la qualité du management,
  • le manque de reconnaissance.

La rémunération arrive souvent après ces facteurs, ce qui confirme que la fidélisation repose avant tout sur l’expérience collaborateur globale.

2. Le rôle clé du management et de la reconnaissance

Le manager est le premier facteur d’engagement ou de désengagement. Selon Gallup, les managers expliquent à eux seuls 70 % de la variation du niveau d’engagement des équipes (Gallup, State of the Global Workplace 2024).

Gallup souligne également que les collaborateurs qui se sentent reconnus régulièrement sont :

  • 5 fois plus susceptibles d’être engagés,
  • et moins enclins à quitter leur entreprise.



La reconnaissance efficace n’est pas ponctuelle ou informelle : elle est régulière, spécifique et liée à l’impact réel du travail (Gallup, 2024).

3. Développement des compétences et perspectives de carrière : un levier décisif

Le manque de perspectives est aujourd’hui l’un des premiers moteurs de départ, notamment chez les profils qualifiés et les talents pénuriques.

Le LinkedIn Workplace Learning Report 2024 révèle que :

  • 94 % des collaborateurs resteraient plus longtemps dans une entreprise qui investit réellement dans leur développement.
  • Les entreprises qui alignent formation, mobilité interne et besoins business améliorent significativement leur taux de rétention.



Dans un contexte de transformation rapide (IA, digitalisation), les talents cherchent avant tout à rester “employables”, même à long terme.

4. Passer d’une logique de postes à une logique de compétences

Selon Deloitte, les organisations les plus performantes abandonnent progressivement une vision figée des postes au profit d’une approche basée sur les compétences (Deloitte Global Human Capital Trends 2024).

Cette approche permet :

  • une mobilité interne plus fluide,
  • des parcours professionnels personnalisés,
  • une meilleure projection des collaborateurs dans l’entreprise.


Ainsi, les talents voient des opportunités sans devoir quitter l’organisation, ce qui réduit mécaniquement le turnover.

5. Onboarding et premiers mois : une phase critique

Le Work Institute (2024) rappelle que les départs précoces (moins d’un an d’ancienneté) représentent un coût élevé et sont souvent liés à :

  • un onboarding insuffisant,
  • des attentes mal alignées,
  • un manque de feedback dans les premières semaines.


Un onboarding structuré (objectifs clairs, points réguliers à 30/60/90 jours, accompagnement managérial) améliore significativement la rétention à 12 mois.

6. Différencier son Employee Value Proposition (EVP)

Dans un contexte de forte concurrence, les entreprises doivent clarifier ce qu’elles offrent au delà du salaire :

  • équilibre vie pro / vie perso,
  • flexibilité,
  • sens et impact,
  • développement des compétences,
  • qualité du management.



Le Work Institute insiste sur l’importance de communiquer la valeur globale du package (total rewards), car les collaborateurs sous-estiment souvent ce que l’entreprise investit réellement pour eux (Work Institute, 2024).

Conclusion

Fidéliser ses collaborateurs ne repose pas sur une mesure isolée mais sur une stratégie cohérente et durable combinant :

  • un management de qualité,
  • une reconnaissance structurée,
  • des perspectives de développement claires,
  • une organisation centrée sur les compétences.



Dans un marché ultra-concurrentiel, les entreprises qui réussissent à retenir leurs talents sont celles qui transforment la fidélisation en avantage stratégique, et non en simple enjeu RH.

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